A seulement une demi-heure en bus de Taipei se trouve une charmante petite ville nichée entre les montagnes. Son nom est Wulai (烏來). Wulai est connue pour son cadre pittoresque : une belle cascade, des sommets verdoyants et des sources chaudes en pleine rivière. Un téléphérique emmène les touristes vers les sommets jusqu’à la station de montagne Yun Hsien (雲仙) où se trouve un hôtel de luxe et un immense parc d’attractions en travaux. Le parc a été dévasté suite à un important typhon en août 2015. Si Wulai a beaucoup souffert, la ville grouille toujours d’activité et le décor vaut toujours le détour.

 

 

Wulai étant proche et facilement accessible en bus, c’est un lieu d’escapade très prisé des habitants de Taipei. Pendant les weekends, la petite ville se transforme en fourmillière : familles taïwanaises et expatriées, étudiants et touristes étrangers se côtoient au marché, sur les ponts, les sentiers de randonnée et les hauteurs du parc d’attraction. Beaucoup s’arrêtent au 7/Eleven et au Family Mart pour faire le plein d’eau et acheter de quoi déjeuner. Quelques chauffeurs de taxi aux joues tatouées guettent ceux qui n’auront pas la patience d’attendre le car pour rentrer à Taipei – la queue à l’arrêt pouvant être bien longue…

 
Wulai se distingue aussi comme bastion de la culture aborigène Atayal. On retrouve à divers endroits des fresques et affiches représentant les Atayals, gravés sur des piliers ou le mur extérieur des convenience stores. Le Musée des Atayals s’élève fièrement à l’entrée de la ville à côté d’une fresque représentant des hommes et femmes tatoués. Ce petit musée modeste à l’entrée gratuite recèle toute une collection d’objets traditionnels tels que des paniers tressés ; à côté, des petits panneaux proposent des explications en mandarin et dans un anglais approximatif.

 

 

Dans la rue principale, plusieurs boutiques vendent des accessoires, bijoux, vêtements et plats de la culture Atayal. Sur de nombreux présentoirs s’alignent des bouteilles colorées contenant l’alcool le plus vieux de Taïwan : l’alcool de millet (小米酒), un ingrédient-clé de la cérémonie annuelle des récoltes. Il est vendu aux touristes sous le nom de millet wine, qu’on peut traduire littéralement par « vin de millet » : amusante petite erreur de traduction, car le vin désigne uniquement l’alcool obtenu à partir du raisin. C’est d’ailleurs une erreur assez répandue pour les différents alcools de la région : on parle de rice wine ou encore de plum wine, litchi wine

 
L’alcool de millet joue un rôle très important au sein des tribus aborigènes de Taïwan. Chacune lui attribue un sens et des rituels différents. Chaque tribu a un nom différent pour cet alcool (Qohozi ou Qwo trakis pour les Atayals, Tinuerau chez les Paiwan…). Et chacune a sa propre divinité qui lui est dédiée. Chez les Atayals, il permet d’honorer la mémoire des ancêtres et symbolise les liens d’amitié : boire beaucoup avec son ami signifie que la relation est harmonieuse et respectueuse. Comme l’alcool de millet ne pouvait être obtenu que lors de récoltes prospères, c’était une boisson très précieuse. Aujourd’hui, les bouteilles sont vendues aux touristes pour 350 TWD.

Les bouteilles
Soit environ 10 Euros… plutôt précieux pour le touriste aussi du coup 😉

A la fin de la journée, après avoir bien profité de la montagne et de l’air frais, rien de tel qu’un petit verre de millet avant de reprendre le bus pour Taipei, sous le soleil couchant.